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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 08:00

Elle et moi, nous avons notre routine du matin. J'ai juste à me pencher pour la prendre dans son couffin, tôt, très tôt le matin et elle me sourit dans son sommeil.

Elle est molle et toute chaude quand je la pose entre son père et moi pour un câlin à trois avant qu'il se lève pour se préparer. Elle s'éveille un instant, contrariée, semblant dire "tu fais trop de bruit Papa". Il l'embrasse, elle lui sourit puis se retourne et cherche mon sein.

 

Les yeux fermés, même dans le noir, elle arrive à trouver ce sein qui la nourrit mais pas seulement. Il la rassure, il l'apaise, il la calme.  Depuis peu, elle est facilement distraite au moment de la tétée. D'où vient donc cette lueur ? De la télé ? Et elle tourne la tête pour regarder... oubliant de lâcher le sein. Je réprime un "aïe" mais elle a senti que j'ai eu mal, ses sourcils se lèvent, interrogateurs.

Elle aime téter, les yeux dans les miens et elle sourit, le sein encore dans la bouche. Peu après, elle s'endort. Je n'ai pas envie de la mettre dans son lit, je la garde contre moi, dans ma chaleur.

 

Quand le coeur nous en dit, nous prenons notre bain toutes les deux, comme je le faisais avec son frère au même âge. Elle aime l'eau. Je la savonne partout, tant elle a de petits plis mignons. Et je la mords, je la bisouille. Elle éclate de rire et se tortille pour m'échapper.

 

J'ai acheté (et on m'a prêté, merci Béatrice) des vêtements pour allaiter discrètement partout : au resto, en famille... Et Elle, Elle s'obstine à tirer dessus pour me déshabiller ! Je me demandais pourquoi. Elle voulait juste glisser sa main sous le tissu et toucher ma peau. Sa petite main potelée et blanche sur ma peau noire. Parfois ça me fait pleurer rien qu'en regardant ça.

 

Moi, sa maman, je suis très fusionnelle avec Elle. Je m'en rends compte et je l'assume. Je ris au nez de ceux qui m'affirment qu'elle sera trop gâtée. On ne gâte pas avec de l'amour. Me détacher d'elle me demande toujours un vrai effort, c'est pour ça que je ne le fais pas. Que NOUS ne le faisons pas. Parce que son père aussi ne se voit pas la confier tout de suite.

 

Parfois, Elle me fatigue. Pas la nuit, je trouve ça simple la nuit. Elle me fatigue le jour quand elle braille quand je quitte une pièce. J'arrive à décoder son langage. Souvent quand je reviens, elle se met à sourire.

 

Elle fait des progrès tous les jours. Je la laisse sur le ventre sur son tapis et la retrouve sur le dos (mais pas le contraire). Je la laisse tête au nord et la retrouve dans l'autre sens. Elle rampe la bougresse... mais pas devant nous. Comment fait-elle ? Mystère.

 

Elle boude aussi. Elle boude son père. Cet été, elle a profité de lui 15 jours de suite. Quand il a repris le travail, elle n'a pas réagi. Mais quand il a dû repartir trois jours sur la route, douche froide au retour. Elle a BOUDE. Dans ses bras, elle fuyait son regard et refusait de lui sourire. Pendant deux longues heures.

Et elle recommence chaque fois qu'il s'en va. Elle ne le fait qu'avec lui. Au début, il en était triste à mourir. Et puis finalement, ça veut dire qu'elle sait qui il est. Son papa.

 

Il y en a un qu'elle ne boude jamais, c'est son frère. Peu importe qu'il soit parti quatre jours chez son père, elle l'accueille toujours avec le sourire. Le soir, calée dans son coussin, elle joue avec lui sur son lit. J'entends leurs éclats de rire et ça me fait du bien. J'oublie les pleurs de la journée et les devoirs du soir et je savoure ma chance d'avoir deux enfants qui s'aiment.

Je les regarde en cachette. Elle agrippe sa tête et lui fait un "bisou", en ouvrant grand la bouche et en lui bavant dessus.

Le samedi matin, le Haricot se glisse aussi dans notre lit : "coucou ma soeur, tu vas bien ?". Il s'allonge sur le dos et je la pose sur son torse, elle y colle son oreille et se rendort parfois.

 

Elle a peur dans les escaliers. Quand on les descend avec elle dans les bras, on la sent se raidir et ses petites mains s'agrippe à nos vêtements.

Elle a peur des bruits inconnus : l'aspirateur, la machine à coudre, les portes qui claquent. Et puis elle s'y habitue et tourne la tête dans sa direction quand elle entend la machine.

 

Elle s'intéresse à ce qu'il y a dans nos assiettes. Bientôt, très bientôt elle découvrira de nouvelles saveurs. Et ça me rend un peu triste, un cap va être franchi. Elle grandit cette toute petite fille, plus si petite que ça.

 

En famille, quand il y a du monde et qu'elle est dans d'autres bras, je sens son petit regard qui nous cherche et je fonds. Je ne vais pas la chercher tout de suite, je savoure l'instant qui précède ces petites retrouvailles...

Puis elle voit son père et bat des mains, des pieds. C'est sa manière à elle de tendre les bras, de dire "prends-moi dans tes bras Papa !". Ils sont beaux tous les deux.

 

J'aime notre routine et les journées passées toutes les deux.

Je n'ai pas envie de lui imposer un rythme, je veux qu'elle ai le sien. Elle ne sait pas encore s'endormir seule, et alors ?

J'aime pouvoir profiter d'elle, de ses premiers mois, de ses premières années. J'ai envie d'être là pour toutes ses premières fois.

 

Ce n'est pas un caprice, c'est un désir. Il n'y a pas de mots pour décrire le soulagement que je ressents depuis que ma décision est prise. Je garde ma fille avec moi, elle n'ira pas à la crèche. Elles seront bien trop courtes ses premières années.

 

Demain, elle a 6 mois.

 

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 Vallon Pont d'Arc - août 2011

Publié dans : Humeurs de Maman
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