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Jeudi 21 juin 2012 4 21 /06 /Juin /2012 08:00

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Il n'y a pas très longtemps, j'évoquais ici la presque-fin du mariage d'un des meilleurs amis de mon mari. La sensation étrange de basculer dans un autre monde, celui des grands. Celui où les gens se trompent, ne s'aiment plus, divorcent.

Alors qu'avant, on faisait partie du monde des gens qui s'aiment, qui sortent ensemble, s'engueulent, s'envoient des SMS langoureux. Celui des gens qui s'installent ensemble et font des choix difficiles (Paris ou banlieue ?), celui des couples qui se marient et font des bébés.

 

Je crois qu'au fond de nous, malgré les factures, les impôts, la propriété, le mariage, les enfants, nous sommes toujours restés cette bande de jeunes, dont la plupart se sont connus au lycée.

Ces jeunes qui ne se voient quasiment jamais, malgré la proximité géographique, mais se retrouvent avec plaisir aux heureux évènements. Ce groupe qui partage la même table aux mariages et échangent sur leur petite actualité : "Non, non j'y bosse plus, j'ai filé ma dem' !" - "Non merci, je bois pas je suis enceinte !" - "On va acheter une maison, on se casse en province !"

Adultes, mais jurant encore comme des charretiers ("Mais putain, t'as pris du bide mon salaud !") et glissant ça et là des bribes de notre langage de jeun's.

 

Mardi après-midi, pour la première fois, nous nous sommes tous revus pour dire adieu à l'une d'entre nous. Nous ne portions pas ces fabuleuses tenues colorées dont nous nous fagottions pour nos mariages, et si nos maris portaient des cravates, cette fois, les chemises étaient noires.

 

Egoïstement, très égoïstement, après avoir sincèrement compati pour la famille, la chose qui nous venait à l'esprit, puis à la bouche était "Mon Dieu, ça nous arrive à nous, le bac c'était hier... tu t'souviens ?"

Dire adieu (au revoir ?) à l'une d'entre nous. A 31 ans. Nous ne saurons jamais pourquoi elle a choisi de quitter sa famille, la petite et la grande, et nous, ses potes de lycée. Personne n'a rien vu venir.

Qu'est-ce qui se passe dans l'esprit de quelqu'un pour que rien, ni famille, ni enfant, ne puisse la retenir parmi nous.

 

Mardi après-midi, plus que tristes, nous étions abasourdis, frappés par la foudre. 31 ans. Ca ne devait pas nous arriver à nous, ni à eux, ni à elle.

Je n'aime pas les funérailes (qui aime ça d'ailleurs ?), mais c'est bien la première fois que j'ai failli me trouver mal. Je ne suis pas stupide, je sais bien où nous finirons tous, mais j'ai pris une claque terrible.

Mon beau-frère nous a quitté en octobre, mais je crois que la distance nous a aidé à traverser cette tragédie.

 

Pas une minute, je n'ai lâché la main de mon mari. Nous avons prié ensemble, moi la catho et lui l'athée. Nous avons prier pour elle et pour sa famille, espérant qu'elle trouve la paix, cette paix qu'elle n'a sans doute pas trouver ici-bas.

Publié dans : Nanette a le blues
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