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Jeudi 10 janvier 2013 4 10 /01 /Jan /2013 13:26

Adieu-ma-concubine.jpgEntre nous, ça n'a pas été le coup de foudre, mais quand tu es entrée dans ma vie, je t'ai aimée. Et pourtant, ma chérie, j'avais si peur de toi. Peur que tu m'emmènes là où je ne voulais pas aller, plus vite que je n'aurais voulu...

 

C'est Monsieur Nanou qui nous a présentées l'une à l'autre, ne se doutant pas un instant de la puissance du sentiment qui nous lierait à jamais toutes les deux.

Il faut dire que tu n'étais pas vraiment belle : le teint blâfard, quelques rides et ton look était si négligé !

Je ne pouvais pas me payer tes services, ton tarif était modeste mais seule avec mon fils depuis 6 ans, je n'avais aucune épargne. Et Monsieur Nanou ce jour-là a sorti son chéquier, alors que ça faisait deux mois seulement que nous nous fréquentions. Il a payé pour moi, parce qu'il savait bien que t'avoir dans ma vie, ça voulait dire plus de liberté et d'autonomie pour mon fils et moi.

 

Nos débuts ont été difficiles. Te rappelles-tu notre première fois ? J'étais vierge et j'ai eu très mal. Plusieurs fois, j'ai dû m'arrêter pour reprendre mon souffle, sécher mes larmes et attendre. Attendre que les battements de mon coeur ralentissent. Tu as ronronné doucement pour me dire que ce n'était pas ma faute, qu'il faudrait du temps pour que je prenne mes marques avec toi, pour que je me détende. Pour moi, pendant des mois, nos instants d'intimité étaient synonymes de peur et de stress.

Mais Monsieur Nanou, toujours, me forçait à recommencer, pour que je m'habitue à toi. Il me conseillait de te toucher, d'essayer avec toi des choses inédites.

Je n'étais pas la première femme avec si peu d'expérience mais de douloureux souvenirs liés à mon enfance m'empêchaient de me livrer à toi totalement...

 

Et puis, j'ai pris de l'assurance. J'ai mis dans tes bras mon fils ainé, ne sachant pas que bien plus tard, je te confierai ma fille nouveau-né.

J'ai commencé à prendre du plaisir avec toi.Un plaisir qui allait durer six ans.

Tu te souviens de notre première virée à Paris ? Nous nous sommes perdues dix fois ! Au bord de la crise d'angoisse, je riais jaune, mais nous avons trouvé notre chemin.

De retour à la maison, Monsieur Nanou avait acheté pour toi tout ce qu'il fallait pour que ça ne se reproduise plus. Un sens de l'orientation artificiel qui nous permettrait de folles sorties.

 

Oh, tout n'a pas été rose, loin de là. Il y a eu ce terrible jour d'hiver où j'étais allée travailler en te laissant devant l'immeuble de mon bureau. Un camion avait glissé sur le sol verglacé et t'avait violemment percutée. Le soir en revenant te chercher, je t'avais découverte affreusement mutilée.

Quel choc ! Fort heureusement, le propriétaire du camion avait laissé un mot : il assumait son rôle dans cette tragédie.

Ton hospitalisation a duré 3 jours. Et le verdict est tombé : tu te remettrais de tes fractures et la mutuelle prendrait en charge tous nos frais.

 

Et cet autre jour de neige, le 8 décembre 2010, l'un des pires jours de neige que Paris ai connue. J'étais en vadrouille avec Cranemou et Sabine et elles m'ont alors conseillé de rentrer en train, de te laisser et de revenir te chercher le lendemain quand la neige aurait fondu.

Mais je n'ai pas pu (il faut dire aussi que j'étais certaine d'avoir la flemme le lendemain), je n'ai pas pu te laisser là couverte de neige.

Nous avons mis 5 heures pour rentrer chez nous ce soir. Cinq heures pour faire 30 kilomètres. Enceinte de 5 mois et coincée dans la circulation, je luttais entre fatigue et envie de faire pipi. Mais nous y sommes arrivées !

 

Jamais je n'aurais cru que nous nous séparerions cette année. Et puis, par le bouche à oreilles, j'ai su qu'Elle était prochainement libre et qu'elle était dans mes moyens (ou presque).

L'avoir dans notre vie signifierait plus de sécurité pour mes enfants et moi, j'espère que tu le comprends et que tu ne m'en veux pas. Je sais que je mettrai du temps à apprivoiser cette jolie blonde germanique, un peu plus jeune que toi, mais tellement plus sérieuse et austère.

Tu resteras toujours la première dans mon coeur, j'espère que tu le sais... C'est avec toi que j'ai tout appris et si aujourd'hui je peux voyager sans trembler, c'est bien grâce à toi.

 

Ce mois-ci, si tout va bien, je change de voiture.

Adieu petite 106, adieu ma concubine.

 

 

 

P.S : Pour saisir la portée de ce billet, il faut savoir qu'avoir mon permis est le truc le plus difficile (après l'accouchement) que j'ai fait. Pour moi, c'est une plus grande victoire encore que tous les diplômes que j'ai eu par la suite.

 

P.P.S : 60 heures de conduite. Voilà, voilà.

 

P.P.P.S : La blonde germanique arrivera chez nous bientôt. C'est une occaze, mais putain, qu'est-ce qu'elle est belle ! (DIRECTION ASSISTEE bordel !)

Publié dans : Nanette a le blues
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